Licancabur, 5917m

4 avr

Résumé des épisodes précédents: Après 10j de road trip sur les hauts plateaux Argentins et Boliviens, nos 4 compères se scindent en 2 groupes a la frontière chilienne, les filles passent au Chili, les garçons restent en Bolivie. Voici l´histoire de ces derniers.

Nous voilà donc, Rémi et moi, largués par notre 4×4 au beau milieu de pas grand chose, dans le petit refuge de la « Laguna Blanca », petite masure de terre perdue au milieu des immensités Boliviennes en mode Bagdad Café (en pire en fait). Le lieu est spartiate mais splendide, et nous sommes au plus près de notre objectif-défi: le Volcan Licancabur, sommet mythique des andes culminant à près de 6000m…

Depuis un petit moment, une ascencion d’un des sommets andins nous trottait dans la tête. Nous avions tout d´abord des vues modestes sur un sommet d´au moins 5000m, mais après avoir atteint cette altitude en 4×4 (!), nous ne pouvions que remonter la barre un peu plus haut pour rester crédibles. Le doute subsistait cependant sur notre capacité à parvenir au sommet: le manque d´oxygène à ces altitudes et le fameux mal des montagnes risquant fort de compromettre l´aventure.

Nous déposons donc nos sacs au refuge, et décidons de partir sur le champ pour une petite marche d’acclimatation sur le sommet voisin, le Jurique, un volcan lui aussi de (seulement) 5760m. Le camp de base est à 4280m, nous voilà partis, bien décidés à aller le plus haut possible pour nous « tester » et voir comment nous réagirons à l’effort à ces altitudes. Le fait est que nous ne sommes pas dans des conditions de forme optimales, la veille nos anis Tchèques nous ont gratifié d’une mini-cuite à la prune (voir épisode précédent), nous nous sommes levés à 4h et n’avons pas déjeuné. Limite inconscients donc, nous en subirons aprement les conséquences autour de 5000m, à la limite de la syncope nous faisons finalement demi-tour. Pas vraiment encourageant pour la suite…

De retour au camp de base, et après un bon plat de pates (vers 17h), nous faisons la connaissance d’un couple de bourguignons, Clémence et Guillaume, qui partageront notre défi pour le lendemain. Coucher 20h, mauvaise nuit (le stress peut-être?), réveil à 4h…

Début de l’ascencion à la frontale dans la nuit noire et glaciale. Je me cale dans les pas de Macario notre guide et décide de ne pas le lacher d’une semelle, meilleure garantie pour parvenir au sommet. Le rythme est lent, très lent (200m/h), mais nous permet de gravir sans trop souffrir le dénivellé qui nous sépare du cratère sommital. Le lever progressif du soleil nous offre un spectacle grandiose sur les alentours: plusieurs dizaines de sommets coiffés de blanc, des lagunes turquoises et blanches, du désert orange se révèlent peu à peu à mesure que nous prenons de l´altitude.

Notre guide Macario, feuilles de coca en bouche, continue de mener le petit groupe à un rythme très modéré: nos deux amis français sont un peu plus à la peine que nous, la faute à un manque d´acclimatation à l´altitude (pour notre part cela fait plus de 10 jours que nous naviguons entre 3000 et 4000m). Il faut dire qu´il connait son sujet le père Macario, du haut de ses 64ans (et de son mètre cinquante), il compte 579 ascencions du Licancabur! Il est même le guide officiel des scientifiques de la Nasa qui viennent chaque année passer quelques jours a étudier les micro-organismes présents dans le lac du cratère.

Très étonamment, nous sommes beaucoup plus en forme que la veille, presque pas essouflés et pas  soumis au mal des montagnes. Notre petit groupe arrive finalement au sommet, après 8h d´ascencion et 1500m de dénivellé. ON L’A FAIT!!!! pas loin de 6000m d’altitude, c´est une première, et un beau pari gagné sur nous mêmes.

On ne s’attarde pas trop, la vue est splendide au sommet mais il fait pas franchement chaud et il nous reste pas moins de 4h de descente pour rentrer au camp de base. Un petit casse-dalle avalé (les sardines à l’huile parmis les plus hautes du monde), nous reprenons le chemin en sens inverse en dévallant littéralement les pierriers, à la limite du sport de glisse, peinant à suivre Macario qui cette fois-ci caracole à un rythme infernal. La descente est pour ma part plus fatiguante que la montée, le cardio à fond et l’essouflement au rendez-vous.

Nous finissons par parvenir au point de rendez-vous ou le 4×4 nous avait déposé au petit matin, passablement épuisés après 12h déffort intensif. La mauvaise nouvelle, c’est que le fiston du guide, Digno de son prénom, n’est pas au rendez-vous. On se collera donc 1h de crapahutage supplémentaire avant de voir arriver son Land Cruiser à l’horizon.

Nous arrrivons finalement au camp de base, fatigués mais heureux et fiers, et partagerons une bière avec nos conpagnons d’effort en débrieffant la journée… Le lendemain, nous prenons la direction du Chili pour retrouver Julie et Caro qui nous attendent à San Pedro de Atacama, et qui auront elles-aussi vécu des aventures de leur coté.

Remi et moi ne sommes pas d’accord sur l’altitude du Licancabur, pour nous départager, jetez un oeil à son blog weloveamericalatina

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Si vous souhaitez réaliser l’ascencion du Licancabur, voici quelques infos pratiques:

  • Altitude de départ 4550m, altitude d’arrivée: 5917m
  • Camp de base: 4280m, refugio de Laguna Blanca (et non las Cabañas, plus cher, moins bien placé et aux guides peu scrupuleux de vous amener ou non au sommet).
  • Nom du guide (probablement le meilleur): Macario
  • Durée totale: environ 12h selon votre rythme.
  • Acclimatation à l’altitude plus que recommandée, au moins 4 jours.
  • Prévoir vêtements chauds, nourriture et eau potable en quantité, le refuge ne pouvant garantir son approvisionnement.

Tarifs:

  • Hébergement 30 pesos Boliviens / jour (3€)
  • Petit déjeuner 10 pesos Boliviens (1€)
  • Bière fraiche pour l’après ascencion 10 pesos Boliviens (1€)
  • Guide: de 50 à 70 dollars pour le groupe entier, selon le nombre de personnes…

Bonne Chance!


10 Responses to “Licancabur, 5917m”

  1. francoise et daniel 5 avril 2011 at 17 h 32 min #

    NOUS Découvrons d’un coup trois épisodes inédits et commencions à nous inquiéter….Nous sommes encore sous le choc: magnifique une fois de plus les photos sont très « piquées, est ce l’effet du filtre ou de l’altitude.

    comment faites vous les salti ? c’est rigolosss
    bravo pour l’ascencion
    les cactus passent leur temps à vous faire des doigts d’honneur…
    ici le printemps est arrivé enfin, et il fait déja trop chaud

    BIZAvOUS

    Daniel est trop sobre dans ses commentaires!!!!vous vivez des moments fantastiques! merci, merci de nous faire partager vos découvertes; on en prend plein les yeux , et que c’est bon de vous voir en situation, émerveillés et heureux .A bientot , à très vite,sur le blog, c’est quand meme génial . Je suis « espantée » par la performance des 6000m. Bravo mon fils!

  2. ROBIN 6 avril 2011 at 19 h 37 min #

    bravo tonton belle performance, le cadre et vraiment magnifique vous devez vous régaler. Je vous souhaite le meilleur pour votre aventure et à la prochaine

  3. Josie Sanders 7 avril 2011 at 18 h 55 min #

    Salut mes loulous ét bah c’est l’été in France ha ha !!!!!!!!!!!!!! Gros bisous Josie

  4. gridou 11 avril 2011 at 19 h 34 min #

    respect les gars… bel effort !!

  5. Jnuk 11 avril 2011 at 22 h 35 min #

    rien de tel qu’une bonne petite chartreuse en altitude. A 6000m, elle a des effets assez surprenants. A tester apres la prune a 4000m. Bravo en tout cas, et continuez de vous éclater !

  6. clémence 13 avril 2011 at 16 h 17 min #

    Whaou!!! c’est somptueux! bravo

  7. Catherine 19 avril 2011 at 19 h 04 min #

    super pour ce 6000 je vous envie
    en tout cas les photos et commentaires de ces trois dernier episodes sont toujours aussi sublimes

  8. Rémi - We Love America Latina 24 avril 2011 at 15 h 32 min #

    Concernant l’altitude, je crois ce que m’a dit Macario, qui m’a fait régler mon altimètre sur 5960 m là-haut !

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  1. Licancabur (5960 m) ou comment s’envoyer en l’air avec un pote - 22 avril 2011

    […] Pour découvrir les impressions de Clément, rendez-vous sur son blog So Far So Good […]

  2. San Pedro de Atacama | sofarsogood - 24 avril 2011

    […] de cette journée passionnante que nous avons eu la joie de trouver nos hommes qui avaient réussi l’ascension du Licancabur. Trop fières d’eux! Nous avons ainsi pu leur présenter nos « amis » […]

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