Chaud, humide et vert

14 mar

Une frontière de plus au palmarès, nous voilà en Malaisie, ultime étape sur notre route asiatique avant l’amérique du sud. Nous avions peu préparé notre passage dans ce pays (certainement au vu du peu de temps prévu sur place, 6 jours seulement), et disposions donc de peu d’infos en arrivant sur place.

La première surprise fut de débarquer en pays a forte dominante islamique après 3 mois de bouddhisme. En effet, ce changement de pays a des airs de changement de continent, tant les codes et coutumes rappellent ceux que nous avions pu rencontrer au maghreb: prières chantées a heures fixes par les Muezzin du haut des minarets, femmes voilées, absence totale de porc et de bière au menu des restaurants… Mais l’influence asiatique est toujours présente, doublée d’une forte présence indienne, pakistanaise et indonésienne, une belle mozaique de cultures en somme, plutot plaisante a découvrir d’autant que l’accueil est toujours chaleureux.

La deuxième surprise c’est la pluie que nous avions presque oubliée depuis notre départ: nous sommes en fin de mousson et il pleuvra quotidiennement pendant ces 6 jours, parfois dans des quantités impressionnantes… Mais c’est une pluie chaude, qui sature l’air d’humidité et transforme le contenu de votre sac à dos en masse de vêtements nauséabonds, linge propre compris. Nous décidons de surcroît de prendre la direction du Taman Négara, parc national hébergeant une portion de jungle primaire vieille de 130 millions d’années, en vue d’un trek sur place. L’arrivée sur les lieux nous fera rapidement changer de programme, la forêt est splendide mais les maigres créneaux entre les trombes d’eaux sont peu engageant pour oser s’y aventurer plusieurs jours durant.

Nous réussissons cependant a passer entre les goutes et découvrons les environs a coup de petites expéditions de quelques heures, a commencer par le « canopy walk », un chemin suspendu aménagé a 40m du sol permettant de progresser au coeur de la canopée, offrant un point de vue unique sur cette forêt quasi vierge. L’expérience est intense, nous naviguons entre des arbres immenses et majestueux, avec en fond sonore des cris d’oiseaux inconnus. Poursuite du trek en direction d’un petit sommet qui nous offrira un point de vue sur les kilomètres de jungle sauvage du Taman Negara, un des ultimes sanctuaires de la vie sauvage hébergeant les derniers tigres et éléphants de Malaisie et autres centaines d’espèces sauvages dont l’habitat est chaque jour mis a mal par les activités humaines… Magnifique et déprimant à la fois, car la quasi-totalité du reste de la péninsule malaise est soumise à la déforestation intensive pour laisser place aux cultures de palmiers à huile, nouveau nerf de la guerre de l’industrie agro alimentaire. Nous en verrons des centaines de kilomètres lors de notre traversée du pays…

Mais la nature tient une forme de revanche sur l’être humain, outre la chaleur étouffante due à l’humidité ambiante, nous sommes la proie des sangsues voraces qui pullulent dans la jungle et s’insinuent jusque dans les chaussettes pour vous pomper le sang. Charmant. Ce sera d’ailleurs les seuls animaux qu’il nous sera malheureusement donné de voir… trop peu de temps et météo trop mauvaise pour aller au plus profond de la forêt à leur recherche.

Nous filons rapidement vers Kuala Lumpur, la date de notre vol de sortie s’approchant dangereusement. Nous y passerons un peu plus de 24h, trop juste pour découvrir la ville dans les règles de l’art mais l’ambiance qui s’en dégage est toutefois très sympa. La mixité culturelle saute aux yeux a chaque coin de rue, et la cohabitation semble se faire en bonne intelligence, quelques leçons a donner à notre vieille europe peut-être…?

Nous refermons donc notre parenthèse asiatique, et prenons le chemin de l’aéroport avec un petit pincement au coeur. Tant de chaleur humaine, de découvertes et de merveilles rencontrées sur le chemin nous laissent une très belle image du sud-est asiatique, gros coup de coeur qui nous fait dire que nous reviendrons un jour, pour sûr. D’ici là, 36 heures de voyage, une petite escale à Paris le temps de refaire les sacs et se goinfrer de fromage/charcut’ et deux mois supplémentaires de baroude nous attendent, cette fois-ci sur le continent sud américain.

Rendez-vous à Buenos Aires pour la suite de nos aventures, en espagnol!

One Response to “Chaud, humide et vert”

  1. chatzi 15 mars 2011 at 9 h 45 min #

    enorme génial julie et simon sous la pluie :)

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